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4/2/2020
Aumônerie militaire: à la base de Florennes, l’abbé Gobert a remisé treillis et bottines
Quand un aumônier militaire en charge du poste depuis plus de 30 ans rencontre un autre aumônier qui entre lui en fonction, ils ne peuvent que partager des anecdotes, de belles histoires... L'abbé Roger Gobert, doyen de Habay, vicaire épiscopal renonce à son poste d'aumônier militaire à la base aérienne de Florennes. ''A un certain âge, si on veut encore être crédible, il faut savoir passer la main.'' Il est remplacé par le chanoine Philippe Masson, curé-doyen de Philippeville-Florennes.
L'abbé Gobert a choisi de ranger définitivement treillis et bottines. Dans sa mémoire, il n'y a que de bons souvenirs, des amitiés sincères nouées. ''C'est la période de ma vie de prêtre qui m'a apporté le plus'' confie-t-il. Lors de son service militaire, en 1977, il n'imaginait sans doute jamais tenir de tels propos! ''J'ai été ordonné le 3 juillet 1977 et le 1er août, j'entrais à l'armée pour faire mon service. Comme j'étais prêtre, je suis parti en Allemagne non pas pour huit mais bien treize mois! Lors des tests, j'ai tout fait pour les rater. Je suis allé jusqu'à refuser de monter à la corde!'' Les deux premiers mois à Siegen sont très difficiles. ''A la fin de mon service, je pleurais sur le quai de la gare: je ne voulais plus partir.''
C'est en Allemagne qu'il apprendra sa nomination comme vicaire de Wellin avec une mission, à raison d'une journée par semaine, dans une caserne. Ce sera Marche avant de devenir aumônier à l'ESO, à l'Ecole royale des Sous-Officiers à Dinant. ''Un grand bonheur. J'étais sur le terrain, je marchais avec eux, je participais aux bivouacs avec eux, je mangeais dans une gamelle. Et trois fois par semaine, je faisais un cross, j'étais devenu un vrai champion!'' En 1986, il rejoint, toujours comme aumônier la base de Florennes tout en étant en paroisse, à Neffe. ''C’était encore l’époque où le service militaire était obligatoire: il y en avait du monde sur une base!''
Pour rencontrer les militaires, l'abbé Gobert a très vite compris que cela ne devait pas se passer qu'à la chapelle. D’où son souci d’être sur le terrain... ''J'allais avec eux au camp d'entrainement de Lagland, près d'Arlon. Ce qui est beau à l'armée c'est que tu as une totale liberté. Je pouvais rencontrer les gens comme je voulais où je voulais. Parmi les gars, il y avait bien sûr des chrétiens, des habitués des célébrations. Beaucoup venaient avec leur vie et c'est là que je voulais rejoindre chacun avec respect. J’étais également là pour écouter leurs besoins spirituels et aller, peut-être, un peu plus loin avec eux. Ils se confiaient.''

Lourdes, Amandola
Parmi les beaux souvenirs encore, le Pèlerinage militaire à Lourdes avec des élèves de l'ESO. ''Pour la plupart, ces jeunes n'avaient jamais imaginé aller en pèlerinage. Ils n’étaient pas présents à toutes les messes mais ils étaient surtout heureux de rendre service aux malades. Ils défilaient, fiers de leur drapeau, de représenter le pays. Les années suivantes, ce n'était plus nécessaire de faire de la publicité, les commentaires positifs de ceux qui avaient participé suffisaient.''
Le padre a été, durant de nombreuses années, au départ de la Marche du souvenir, quatre jours à ''avaler'' les kilomètres sous le soleil ou sous la pluie. ''Il s’agissait de quatre jours de détente, de connivence durant lesquels je peinais comme tout le monde. On venait me parler pendant la marche où encore le soir quand on se ''réhydratait'' un peu!''
Le padre Gobert épingle également parmi les souvenirs, une présence importante auprès des volontaires qui vivaient sur la base. La célébration de mariages, de baptêmes mais aussi de funérailles. Des temps forts en émotions. Des moments de confidences encore: “Avec ces hommes et leur uniforme sur le dos qui ne sont pas prêchi-prêcha, j’ai partagé des joies comme des souffrances.” Et d’ajouter: “J’ai noué des amitiés fortes.”
Des confidences également d'hommes en mission pour des périodes de quatre mois en Italie. Ils étaient loin de chez eux, de la famille et pouvaient ne pas toujours le vivre très bien. Ainsi, le padre Gobert s’est envolé à de nombreuses reprises pour Amandola où se trouvaient ces militaires chargés des missions de surveillance au Kosovo. Amandola, la base d’où partaient les avions. Il y a encore eu ce Noël avec la messe célébrée dans une chapelle et les cantiques chantés juste avant de partager des cougnous arrivés de Belgique quasi dans les bagages de l’abbé Gobert.
La vie d’une base militaire a bien changé. Aujourd’hui, les militaires arrivent le matin et repartent le soir rejoindre leur famille, leur mission accomplie. L’aumônier militaire s’est adapté. Il y a quelques années encore, alors que les services sociaux étaient moins performants, le padre était ''L''’incontournable. L’abbé Gobert: ''Beaucoup, dans leur inconscient, pensaient que le padre pouvait tout solutionner.''

Passage de relais
''J’ai bien aimé cette mission que je n’attendais pas.'' ponctue l'abbé Gobert. Il passe le relais au chanoine Philippe Masson, curé-doyen de Philippeville et de Florennes. Un prêtre qui, contrairement à son prédécesseur, garde un excellent souvenir de son service. Service militaire où pour être certain d’être sur le terrain et pas, comme les séminaristes ou prêtres de l’époque, dans une affectation médicale avait caché son statut. Il a ainsi officié au centre d’information de la défense nationale. Le chanoine Masson a encore entraîné les jeunes recrues au basket. A la fin de son service, il s’est vu offrir -son secret n’avait pu être gardé- calice, patène et burettes avec lesquels il célèbre toujours aujourd’hui.
Le chanoine Masson connaît bien la base pour y être allé ''en voisin'' à l’invitation des responsables lors des différents moments forts qui s’y passaient. Le chanoine Masson n’arrive donc pas en terrain inconnu. S’il n’ a jamais été aumônier militaire, il a par compte été, durant de nombreuses années, aumônier des gens du voyage. Des hommes, des femmes parfois éloignés de la foi et qu’il rejoignait pour vivre avec eux mariage, baptême... Parcourir le pays pour une célébration, le nouveau padre connaît. Il sait aussi que ce n’est pas toujours facile à concilier avec un ministère en paroisse. ''Je souhaite être une oreille attentive pour les rejoindre dans leur vécu. J’ai l’image des disciples d’Emmaüs. L’image de ce Jésus qui fait mine d’avancer, de laisser les deux hommes rencontrés et qui finiront par lui dire ‘Reste avec nous.’''
Christine Bolinne
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