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27/5/2014
Bright va bien, un des orphelins du Père Ruquoy a retrouvé la forme
Sur ce site, à plusieurs reprises, nous avons eu l'occasion d'aller à la rencontre de l'abbé Pierre Ruquoy. Ce scheutiste vit depuis bien des années en Zambie où il s'occupe d'orphelins. La dernière fois, dans son courrier, padre Pedro livrait son émotion après le décès d'un enfant. Cette fois, les nouvelles sont bien meilleures. Bright a été opéré en France et il est rentré au pays avec un coeur remis à neuf... Une belle histoire qu'il nous livre.
''C'est bien la première fois dans ma vie que j'ai célébré le jeudi saint à bord d'un avion! Oh! n'allez pas vous imaginer que je me suis mis à laver les pieds des passagers. Il se fait que ce jour-là je suis rentré en Zambie avec notre Bright, l'un de nos orphelins qui venait d'être opéré du cœur dans un hôpital de Lyon, en France. Tout au long du voyage il est resté collé à la minuscule télévision fixée devant lui et a passé les 12 heures de vol à regarder avec attention une demi douzaine de films et moi, je me suis plongé dans ''Confession d'un cardinal'', un fameux livre qui traite de la vie de notre église catholique. Une phrase de ce bouquin attira mon attention: ''être chrétien, c'est se sentir porteur de la tendresse que ressent Dieu pour chacun des hommes.'' Donc, ''évangéliser'' signifie rendre témoignage de la tendresse de Dieu. le livre disait aussi que pour évangéliser, l'Eglise, c'est-à-dire l'ensemble des chrétiens, doit toujours être aux pieds des pauvres.

Ma vie missionnaire
Avec cette phrase en tête, je me suis mis à repasser ma vie missionnaire depuis ses débuts dans le sud-ouest de la République Dominicaine en 1975 jusqu'à aujourd'hui dans la brousse de Zambie. J'ai pensé que j'avais réalisé beaucoup de choses qui étaient très éloignées de la véritable évangélisation: la construction de temples, de maisons, d'écoles, des milliers de baptêmes, des réunions tous les jours, des prédications, des dizaines de milliers de kilomètres en camionnette…. Il me semblait que dans la réalisation de toutes ces activités, j'étais bien souvent passé à côté de notre mission d'être signe de la tendresse de Dieu qui se rencontre toujours aux pieds des plus pauvres. Je me suis alors rendu compte que l'un des moments les plus importants de ma vie eut lieu au presbytère du Batey 5 lorsqu'un coupeur de canne à sucre arriva chez moi, couvert de haillons et les pieds remplis d'épines. Je l'invitai à s'installer dans le fauteuil devant le crucifix noir, je m'agenouillai devant lui et je me mis à enlever les épines de ses pieds en contemplant le Crucifié qui semblait me sourire.

Une nouvelle vie pour Bright
Après avoir revécu cette scène, je regardai Bright, rayonnant de santé. Six mois auparavant, il se trouvait en danger de mort: un médecin français en visite à notre orphelinat avait diagnostiqué une anomalie à son cœur et cela exigeait une intervention chirurgicale le plus rapidement possible afin d'éviter le pire. Comme la Zambie ne dispose pas d'installation hospitalière pour réaliser ce genre d'opération, nous dûmes chercher un endroit en dehors du pays. Après des mois de démarches et d'emails, nous trouvâmes enfin une solution en France. L'opération eut lieu à l'hôpital universitaire de Lyon et fut une réussite totale. Avec le retour de Bright dans sa terre natale, le jeudi saint devenait la célébration des efforts et de la tendresse de dizaines de personnes qui avaient permis à notre adolescent orphelin de retrouver une nouvelle vie. Le Christ lui-même se réjouissait de cet exploit et s'unissait aux 100 frères et sœurs de Bright qui s'étaient agenouillés chaque soir devant la statue de Notre Dame de Beauraing pour demander à notre Mère qu'elle accompagne le malade tout au long de ces journées d'angoisse.

Tous devant la croix
Le vendredi saint dans l'après-midi nous arrivâmes enfin à Mulungushi Agro, le petit village où est installé notre orphelinat. J'avais soigneusement planifié de célébrer l'office de la passion et de la mort de Jésus avec les orphelins et orphelines mais je me sentais tellement éreinté que je me contentai de m'asseoir sous la tonnelle et de regarder ma troupe d'enfants s'agenouiller devant la croix et la statue de Marie. Ils se mirent à chanter de tout leur cœur et à réciter quelques dizaines de chapelet. Après cela, Abel, l'un des ainés prit la parole pour dire merci à notre frère Jésus et à sa mère pour le retour de Bright en bonne santé. Ensuite je me levai pour donner la bénédiction à toute la famille. Nous étions loin des célébrations traditionnelles du vendredi saint mais la Vie resplendissait devant la Croix! Le samedi saint, dans la soirée, la vigile pascale prit un relief particulier: Bright était à côté de moi, habillé en enfant de chœur. Il symbolisait vraiment la victoire de la Vie!
La fameuse phrase du livre ''Confession d'un cardinal'' continue à danser dans ma tête: ''Comment pouvons-nous être porteurs de la tendresse de Dieu?'' Je suis arrivé à la conclusion que la seule façon de réaliser cette mission est d'être toujours intimement uni à Jésus. En fin de compte, toute sa vie fut un signe parfait de la tendresse et de l'amour de Dieu. Ses paroles et ses actions se dirigeaient toujours à montrer à ses contemporains que Dieu est Amour et seulement Amour.
Alors, maintenant, lorsque je rencontre quelqu'un, chaque fois que j'affronte une situation difficile, chaque fois que je dois prendre une décision délicate, j'essaye de répondre à ces questions: Quel serait le comportement de Jésus s'il était ici à ma place? Quelles paroles prononcerait-il? Quelle serait sa décision? Bien sûr, cela suppose une certaine capacité de contrôler mes réactions et de prendre un temps de réflexion avant de parler ou d'agir. Mais je vous assure que la vie prend une tout autre saveur.

La famille s'est agrandie
Il y a quelques jours, une vieille dame est arrivée chez nous: elle avait marché plus de 50 kilomètres pour venir me présenter ses quatre petits-enfants. ''S'il vous plait, mon père, je n'en peux plus. Je n'ai pas la force d'élever ces enfants. Ils ont perdu leur père et leur mère. Ne pourriez-vous pas les accueillir ici?...'' Je pensai que nous avions déjà trop d'orphelins ici, que nous n'avions pas assez d'argent et que j'avais déjà fait suffisamment pour ce pays tellement marqué par la mort et la misère…. Mais je restai en silence devant la grand-mère qui attendait impatiemment ma réponse: Qu'aurait fait Jésus devant cette situation? La réponse était claire. Et c'est ainsi que Lewis, Mary, Benson et Grace intégrèrent notre famille! Depuis deux semaines ils vivent avec nous et se sont rapidement transformés en frères et sœurs de nos autres enfants.


Bibliograhie: Olivier Le Gendre, ''Confession d'un cardinal'' Ed JC Lattès, Paris, 2007

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